La Convention est structurée autour de quatre sessions en présentiel sur deux jours :
Session 0 - Visio - Courant septembre : Présentation de la Convention (visio, avant le début des rencontres).
Session 1 - IEP de Fontainebleau (Université Paris-Est Créteil) - 4 et 5 octobre 2025
Session 2 - Institut Arts et Métiers de Chambéry (ENSAM) - 15 et 16 novembre 2025
Session 3 - Université de Technologie de Troyes (UTT) - 6 et 7 décembre 2025
Session 4 - Centrale Nantes (Nantes Université) - 17 et 18 janvier 2026
En février 2026, le rapport sera remis dans le cadre de cérémonies officielles.

Programme du week-end : samedi 4 octobre
9h - 9h30 : Introduction à la Convention (Comité de pilotage)
9h30 - 10h30 : Enjeux des Conventions Citoyennes dans le contexte actuel (Emilie Frenkiel, MCF Science Politique, IEP Fontainebleau / UPEC)
Des dispositifs participatifs sont mis en place à toutes les échelles et sur une diversité de sujets. Qu'apporte le tournant délibératif de la participation ? En quoi consistent les conventions citoyennes et comment sont-elles organisées dans le milieu universitaire ? Emilie Frenkiel s'appuie sur ses recherches sur la participation citoyenne en contexte autoritaire (Chine) et sur les travaux de la chaire délibération de l'Université Paris Est Créteil (conventions citoyennes étudiantes, formation à la facilitation, réseau des universités délibérantes, fresque de l'université) pour répondre à ces questions et situer la Convention scientifique sur les connaissances scientifiques dans le contexte des travaux et expériences de démocratie délibérative.
10h30 - 12h30 : Mise en commun des savoirs des participantes & participants de la Convention (Atelier animé par le Comité de pilotage)
14h - 15h : La recherche participative d’hier à aujourd’hui : produire des connaissances pour changer le monde ? (Evelyne Lhoste, chercheure INRAE)
Dans cette présentation, Evelyne Lhoste a fait un retour historique de la recherche participative, depuis des pratiques d'amateurs jusqu’à leur professionnalisation. Ensuite, elle a donné à voir les éléments structurants des politiques publiques autour de la recherche participative, en prenant des exemples d’initiatives émergentes comme l’association ALLISS. Une réflexion épistémique autour des termes nommant la recherche participative a ensuite été engagée, afin de montrer la diversité des approches et les types de production de ce type de démarches. Enfin, un focus a été fait sur les acteurs composant le paysage de la recherche participative.
15h - 16h : Quelles problématiques liées aux médiations des connaissances scientifiques ? (Cyrille Bodin, Dr Sciences Info. & Com.)
On pourrait se représenter la vie des connaissances comme strictement linéaire : produite dans la sphère scientifique, elle est ensuite diffusée au public qui, passivement, la réceptionne - plus ou moins bien. À partir de travaux de philosophie et sociologie des sciences, Cyrille Bodin s'est attaché à montrer la fausseté d'une telle vision simpliste. En mobilisant les travaux étudiant les sciences comme phénomène de communication, il a montré aussi comment parmi toutes les formes de médiation possibles, la "vulgarisation" répond à des normes de communication opposées à celles du champ scientifique.
16h30 - 18h30 : Atelier de vulgarisation scientifique (Gaël Fortin - Exaltia)
Si la nécessité de diffuser les connaissances vers le grand public fait consensus, comment le faire en pratique ? Quels supports de médiation choisir, et pour quels publics ? Comment construire de tels projets de diffusion des savoirs ? Pour répondre à toutes ces questions... il faut se lancer ! Au cours de ce mini-hackathon, les participantes et les participants ont développé leur propre projet innovant de médiation des connaissances puis l'ont pitché...et tout ça en deux heures !
Programme du week-end : Dimanche 5 octobre
9h - 10h : Des enjeux de la production des savoirs sur le "complotisme" et ses conséquences sur la fabrique des politiques publiques (Julien Giry, Dr Science politique, Université de Tours)
Depuis les attentats de CharlieHebdo en 2015, les « théories du complot » sont devenues l'objet d'une attention tout à la fois médiatique, politique, et académique sans précédent dans la sphère francophone. Présentée comme massive et inédite, l’adhésion aux théories du complot ferait planer sur nos démocraties un grand danger rendant nécessaire de mettre en place des dispositifs législatifs (Loi anti-fake news, loi Avia, Loi « séparatisme »), éducatifs (Promeneurs du web, EMI, rapport Bronner) et institutionnels (MIVILUDES, VIGINUM, CNUm). Julien Giry a montré que l’approche catastrophiste du « complotisme » telle que véhiculée dans l’espace public relève davantage d’une panique morale d’une partie des élites que d’un véritable processus de stabilisation des connaissances scientifiques sur cet objet particulièrement débattu au sein du monde de la recherche. Il a souligné que les « théories du complot » méritent une approche compréhensive, bien plus valide scientifiquement qu’une posture cherchant à combattre le « complotisme » sous forme de rappel à l’ordre et anathèmes de disqualification.
10h - 11h : Sciences et médias, entre attirance et défiance (Cécile Michaut, Dr Chimie, Journaliste scientifique, Science et Partage)
Cécile Michaut a expliqué comment fonctionne la presse écrite, et a décrypté la manière dont la science est traitée dans les médias. En analysant les relations entre les journalistes et les scientifiques, elle aide les scientifiques à mieux passer dans les médias.
11h30 - 12h30 : Table-ronde - Fake news, fabrique des opinions, guerres cognitives : anciens et nouveaux adversaires des sciences (Hugo Touzet, sociologue, Cermes3 / Nicolas Denans, association "C'est vrai ça ?" / Vincent Bontems, philosophe, CEA)
Cette table-ronde a exploré les obstacles à la diffusion des informations scientifiques fiables dans les débats publics, entre désinformation, manipulation de l’opinion et guerres cognitives. Elle a été structurée en deux temps. Dans un premier temps ont été décryptés les mécanismes autour des fake news, de la construction des croyances, et des attaques ciblées contre la science. Dans un deuxième temps, des solutions possibles ont été envisagées : amélioration de la médiation scientifique, transparence des sondages, et stratégies pour contrer les sabotages organisés. Les échanges ont interrogé aussi le rôle des médias, des institutions et des citoyens dans la dégradation ou la protection de la parole scientifique. L’accent a été mis sur les tensions entre complexité scientifique, enjeux économiques et confiance publique, avec des pistes concrètes pour renforcer la résilience des savoirs. Une question finale a permis à chaque intervenant de proposer une mesure légale clé pour restaurer un dialogue plus apaisé entre sciences et société.
14h - 16h : Place du marché (Atelier animé par le comité de pilotage)
L'atelier est un exercice de créativité et d'échanges où les participantes et les participants, par petits groupes, posent une problématique à partir des éléments retenus des interventions et en représentent les composantes sous la forme de schémas. Ces derniers ont ensuite été affichés et discutés entre groupes de façon mouvante.
Webinaire - L'éthique en sciences : dérives, fraudes, plagiat (par Romain Pierronnet de l'Office français de l'intégritéscientifique - OFIS)
A l'aune de l'évolution des attentes socio-économiques à l'égard de la recherche, les exigences vis-à-vis des chercheurs et chercheuses sont également renforcées en matière d'éthique de la recherche, d'intégrité scientifique ou de déontologie, ce qu'illustre par exemple la création en 2020 d'un "serment doctoral". En partant d'une présentation de ces différentes notions, des dispositifs afférents et des pratiques scientifiques contemporaines, ce webinaire a invité à questionner la vocation de la recherche comme les moyens mis en place pour garantir la qualité et l'éthique de la recherche et, ce faisant, la confiance de la société envers le travail scientifique.
Webinaire - Table-ronde : médias & sciences (Florence Chiavassa de l'association Un bout des médias, Hervé Poirier d'Epsiloon, Audrey Mickaëlian journaliste et anciennement vice-présidente de l'Association des journalistes scientifiques de la presse d'information - AJSPI)
Cette table ronde prolonge les réflexions initiées par Cécile Michaut sur le rôle des journalistes scientifiques, souvent tiraillés entre rigueur et contraintes médiatiques. Lors de cet échange, les freins à la diffusion d’une information scientifique sourcée et indépendante du point de vue des structures ont été explorés : indépendance des rédactions (ex. : l’histoire d’Epsiloon après le rachat de Sciences et Vie), collaboration entre scientifiques et journalistes, et lutte contre les influences extérieures (désinformation, pression économique).
Après une présentation de leurs structures, de leurs missions, ils ont posé un diagnostic des défis associés (modèles économiques, pressions extérieures, rapidité versus fiabilité, gouvernance). L'objectif a été de co-construire des pistes pour ancrer la science dans le débat public, sans sacrifier ni la rigueur ni l’indépendance.
Programme du samedi 15 novembre
9h30 - 10h30 : G1 - Les sciences participatives (Aurore Desmedt, sciences de l'environnement, Institut Ecocitoyen du Pays du Mont Blanc)
L’Institut Écocitoyen de Recherche et d’Action Environnementale du Pays du Mont-Blanc (IEC-PMB) est une association loi 1901 qui s’appuie sur la recherche, l’information et la participation citoyenne pour approfondir les connaissances scientifiques existantes sur les pollutions, dans une démarche de sciences participatives. Il met en lien différentes parties prenantes d’un territoire vulnérable et impacté par des pollutions résiduelles : des chercheuses et chercheurs scientifiques, les pouvoirs publics, les citoyens, citoyennes et les parties prenantes locales. Outil de dialogue territorial, l’Institut a pour objectif de faciliter l’échange entre ces différents parties prenantes, d’impliquer les personnes sur le territoire dans la définition des sujets de recherche, dans la collecte des données et l’obtention des résultats. Il constitue à la fois une instance de production scientifique mais aussi de médiation et de facilitation dans la formulation et l’identification de nouvelles questions de recherche scientifique liées aux préoccupations et interrogations de la population locale.
9h30 - 10h30 : G2 - Diffuser la connaissance scientifique dans les territoires (Jean-Yves Maugendre et Claire Tantin de la Galerie Eurêka)
La galerie Eurêka a présenté ses activités, ses modes de fonctionnement et ses réflexions sur les enjeux de la médiation à partir de leur expérience locale.
9h30 - 10h30 : G3 - Élus locaux et sciences (Martin Noblecourt, élu local)
Comment les sciences sont intégrées à la prise de décision dans le contexte d'une collectivité locale ? Quelle articulation entre les missions demandées aux universitaires et le recours actuel aux cabinets de conseil ?
11h - 12h : Restitutions et délibérations entre participantes et participants (Atelier)
13h30 - 14h30 : G1 - Lumière sur la production scientifique, le système de publication contemporain et ses conséquences (Françoise Rousseau, appui à la recherche, coordinatrice consortium Couperin, CEA)
La présentation de Françoise Rousseau-Hans a abordé les enjeux de l’édition scientifique contemporaine, marquée par une concentration des publications entre quelques grands éditeurs (comme Elsevier, Springer Nature, Wiley, etc.). Elle a souligné la pression croissante sur les chercheurs et chercheuses, avec un nombre d’articles en hausse plus rapide que celui des chercheurs et chercheuses, et les défis liés aux modèles économiques (abonnements, frais de publication, …). Parmi les solutions évoquées : l’accès ouvert, la vigilance face aux revues prédatrices et aux licences restrictives, le dépôt systématique des textes intégraux dans HAL, pour garantir la conservation et la souveraineté des publications. L’objectif est de promouvoir une science ouverte, transparente et accessible, tout en maîtrisant les coûts pour les institutions.
13h30 - 14h30 : G2 - Influenceurs scientifiques : nouveaux médiateurs de la connaissance (Rodolphe Meyer, sciences de l'environnement, chaîne YouTube "Le Réveilleur")
La présentation de R. Meyer a présenté les tenants et aboutissants du travail de médiation sur YouTube à partir de son expérience personnelle et ses observations sur ce milieu. Ont été abordés les enjeux de lutte contre la désinformation, le modèle économique, la précarité du milieu, les possibilités limités d'interactions avec certaines institutions scientifiques classiques.
13h30- 14h30 : G3 - Dire l'incertain scientifique : idées reçues et enjeux de médiation (Pénéloppe Selhausen-Kosinski, Sciences Info. & Com., Université de Lorraine)
Edgar Morin, sociologue et philosophe des sciences, opérait le diagnostic suivant en 2020 : « une grande partie du public considérait la science comme le répertoire des vérités absolues, des affirmations irréfutables », mais les controverses ont introduit « le doute dans l’esprit des citoyens ». Depuis la crise sanitaire et informationnelle de la Covid-19, le champ de l’incertain irrigue les réflexions sur la médiatisation des sciences. Ces dernières font saillir des questions cruciales et fertiles pour le renouvellement de la communication scientifique en termes de possibilités d’expression de ce que les sciences ne savent pas avec précision, de confiance des individus à l’égard des scientifiques et de légitimation du discours scientifique dans la sphère publique. Toutefois, ces considérations ont également conduit à installer dans le débat public quelques idées reçues sur la médiatisation des incertitudes scientifiques, dont nous proposons d’évaluer la pertinence. Cette communication a invité à renouveler notre regard sur la médiatisation des sciences afin d’élaborer de nouveaux modèles de transmission des savoirs qui tiennent compte de leur caractère irréductiblement incertain mais non moins fiable.
14h30 - 15h30 : Restitutions et délibérations entre participantes et participants (Atelier)
16h - 18h : Projection en 2050 (Atelier)
Cet atelier est un exercice de créativité où les participantes et participants imaginent les points saillants de rapports sciences-société dans le futur, sous diverses approches typiques (pessimiste, réaliste, optimiste) et en décrivant les éventuelles solutions aux nouvelles problématiques soulevées.
Programme du dimanche 16 novembre
9h - 10h : Table-ronde – Peut-on encore faire confiance aux scientifiques ? (Marlène de Bank, association The Shift Project / Marie-Hélène Bacquée, PU Urbanisme , UNanterre / Nicolas Mercat, maire de Bourget-du-Lac)
La question, en apparence simple, ouvre un champ de tensions et d’attentes : entre expertise et engagement, entre neutralité et porosité des rôles, entre légitimité académique et participation citoyenne. Aujourd’hui, alors que les crises écologiques, sociales et sanitaires appellent à des décisions toujours plus complexes, la place des scientifiques dans l’espace public est à la fois scrutée et contestée. Qui sont ces expertes et experts dont on parle ? Comment s’articulent leurs savoirs avec ceux des citoyennes, citoyens, des journalistes, ou des parties prenantes sur le terrain ? Surtout, en vue de la formulation des recommandations pour la Convention, l'enjeu est de savoir si les recommandations doivent intégrer de la participation citoyenne et sous quelle forme.
10h30 - 12h : Première phase de World Café (Atelier)
Cet atelier est un exercice de restitutions et réflexions cumulatives où les participantes et participants, par groupes, travaillent sur des problématiques soulevées par les interventions, puis transmettent ce travail à un autre groupe qui doit le reprendre comme base et construire dessus.
13h30- 15h : Synthèse du World Café (Atelier)
Webinaire - Table-ronde : Comment formuler des recommandations ? (Guy Kulitza, ancien membre de la Conventionpour le climat, Jean-Baptiste Pointel, Université de Rouen)
Discussions sur les formes que peuvent prendre des recommandations dans un contexte de rapport de Convention, en fonction de leur portée et du public envisagé.
Webinaire - Transfert de connaissances et utilisation de la science (Christophe Dagenais, équipe RENARD, Université de Montréal)
Un consensus se dégage à l’effet que les efforts déployés pour rendre disponibles les connaissances scientifiques sont insuffisants pour mener à leur utilisation. C’est pourquoi on accorde de plus en plus d’importance au transfert de connaissances (TC). Ce webinaire a proposé une introduction au TC.
Il a porté sur :
1) la définition des différents concepts liés au transfert de connaissances ;
2) la présentation des différents modèles et mécanismes de TC ;
3) les facteurs qui influencent l’utilisation de la recherche ; et
4) les grands principes à prendre enconsidération dans une démarche de TC.
9h30 - 10h30 : G1 - L'exposition d'art contemporain comme vecteur de diffusion scientifique (Manon Garcia, Détour Expo)
Comment transformer des concepts scientifiques complexes en expériences visuelles et émotionnelles accessibles ? Cette intervention a exploré les parallèles entre diffusion scientifique et exposition d'art contemporain, deux pratiques qui partagent un même défi : rendre accessible au public des connaissances produites dans des espaces fermés (laboratoire/atelier). À travers son parcours d'ingénieure devenue commissaire d'exposition, Manon Garcia a présenté la méthodologie de conception d'expositions à impact : de la sélection des artistes à la scénographie, en passant par la médiation orale qui transforme la visite en expérience mémorable. Elle a présenté comment l'exposition d'art, lorsqu'elle est pensée comme un outil de communication stratégique, permet d'ancrer des enjeux scientifiques, technologiques ou industriels auprès de publics variés. Des exemples concrets (congrès scientifiques, entreprises innovantes) ont illustré comment l'art contemporain peut devenir un puissant allié de la vulgarisation scientifique.
9h30 - 10h30 : G2 et G4 - Le Covid après 2022 : de la gestion de crise au désarmement de la santé publique (Solenn Tanguy, présidente Winslow Santé Publique et Cyprien Tasset, sociologue, VetAgroSup)
Cette présentation a examiné les lacunes et les incohérences dans la gestion de la pandémie, en confrontant le récit chronologique officiel à celui, expérientiel, des personnes concernées, puis à des sources critiques et des données ou éléments souvent ignorées. A été abordé également les conséquences de cette gestion, notamment l’abandon des populations, la méfiance envers les institutions et la minimisation de phénomènes comme le COVID long, qui ont à la fois sapé la légitimité des autorités tout en maintenant leur pouvoir. A ensuité été proposé une cartographie des diverses irresponsabilités qui permettent la poursuite d'une gestion ignorante des alertes et demandes des personnes concernées et amènent au désarmement de la santé publique.
9h30 - 10h30 : G3 et G5 - Comment la perception de la gestion des déchets radioactifs varie-t-elle selon les échelles et les publics ? (Camille Pfeiffer et Lauriane Becet de l'ANDRA)
La question des déchets radioactifs soulève de nombreux enjeux éthiques, sociétaux et techniques tout en renvoyant à une diversité de représentations. Qui porte quels regards sur le sujet et comment adapter le dialogue avec le public à cette diversité ?
13h30 - 14h30 : G1 - Sciences ouvertes (Laurence El Khouri, direction des données ouvertes de la recherche, CNRS)
La présentation a permis de détailler la feuille de route et la stratégie du CNRS concernant les sciences ouvertes. Sciences ouvertes impliquent d'ouvrir les données, les méthodes et les résultats, modifiant l'ensemble de la chaine de production des connaissances. Différentes incitations pour atteindre l'objectif 100% sciences ouvertes sont possibles, à commencer par une refonte de l'évaluation des chercheuses et des chercheurs. Une ouverture vers les différents écosystèmes et réseaux partageant cette démarche a permis de donner un panorama du paysage scientifique hors CNRS autour de ces questions.
13h30 - 14h30 : G3 et G4 - Diffuser ses connaissances en tant qu'agence de l'état (Stéphan Schumacher et Camille Pfeiffer, ANDRA)
En tant qu’agence publique, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA) dispose d’importantes compétences en matière de R&D. Comment assurer l’intégrité de ses recherches face à la complexité des données en jeu et la gestion des incertitudes sur le temps long ? Dans quelle mesure le public peut-il accorder sa confiance aux scientifiques de l’ANDRA ?
13h30 - 14h30 : G2 et G5 - Approches sociologiques d'un risque sanitaire désactivé (Cyprien Tasset, sociologue, VetAgroSup)
Mobilisée massivement et spectaculairement clivée autour de l’incertitude pandémique au début des années 2020, la population française semble désormais avoir convergé dans un récit, publiquement peu contesté, de la fin de la pandémie et du retour à la normale. On peut néanmoins se demander, au-delà de la seule question vaccinale pour laquelle un suivi par sondage a été maintenu un peu plus longtemps (Ward & al, 2024), si l’incertitude et les divergences se sont résorbées. Des traces demeurent-elles, en 2024, dans les comportements, les connaissances médicales acquises, et les perceptions du risque, d’un événement pandémique ayant été aussi mobilisateur ? Ces traces se réduisent-elles à un axe de polarisation confiance/défiance ? A été présenté ici les résultats d’une enquête par questionnaire administrée en ligne (n = 2000 réponses complètes) au cours du printemps 2024, avec l’aide de l’association de patientes et patients Winslow Santé Publique. Le questionnaire porte sur les expériences du covid, la poursuite ou non de certains comportements de prévention (vaccination, mais aussi port de masque), les connaissances et opinions relatives à la fin de la crise sanitaire, la perception du risque, certaines connaissances relatives au covid (comme son mode de transmission, sur lequel les discours des autorités sanitaires nationales et internationales ont varié), et les caractéristiques sociodémographiques classiques, y-compris un indice de préférence politique. Cyprien Tasset a présenté le contexte de notre questionnement, les enjeux méthodologiques de la diffusion de l’enquête, la morphologie de l’échantillon, et la structuration de l’espace des réponses, projeté en analyse des correspondances multiples. Puis, il a questionné ce que l’on peut analyser concernant les conditions de production ou de dissipation d’ignorance.
14h30 - 15h30 : Table-ronde – Financement des sciences et politiques publiques (Madame la sénateur Vanina Paoli-Gagin, Julien Gossa MCF à l'UNISTRA / Daphnée Raffini, directrice innovation, ONERA)
Cette table-ronde est l'occasion d'une mise en discussion contradictoire des politiques publiques des sciences, notamment leur financement.
16h - 17h : Restitutions et délibérations entre participantes et participants (Atelier)
17h - 18h : Argumentation socio-scientifique : pensée méthodique, pensée critique (Gwen Pallarès MCF Sciences de l'éducation, URCA)
Cette intervention a présenté l'argumentation comme une pratique épistémique et sociale répondant à des normes générales (dialogalité, justesse, robustesse, pertinence) consistantes malgré la dispersion des définitions dans la littérature. Dans le contexte des questions socio-scientifiques s'ajoutent de nouvelles normes visant à répondre à la spécificité des QSS (complexité, incertitude, ouverture). La question des valeurs est alors centrale, à la fois comme outil de réflexivité (analyse des discours) et comme outil pratique (méta-critère pour hiérarchiser les dimensions d'une QSS). La notion "d'esprit critique" peut alors être analysée comme problématique : en se focalisant sur les sophismes et les biais, elle ne parle de l'argumentation que par le négatif. Étant utilisée sans signification théorique et pratique, elle devient un "buzzword". La pensée critique, telle qu'établie dans la littérature, est l'articulation de compétences (évaluation, auto-régulation) et dispositions spécifiques (rigueur, humilité et réflexivité). La pensée critique est transversale et contextuelle, elle ne peut se réduire à la démarche scientifique, ni à une distinction simpliste entre vrai et faux.
Webinaire Table-ronde : Enjeux de la valorisation des connaissances (Christophe Derail, président du Réseau C.U.R.I.E, Jean-Michel Le Roux, programmation Instituts Carnot, Agence nationale de la recherche - ANR)
La discussion a porté sur le rôle et fonctionnement des dispositifs que sont l'Agence nationale de la recherche (ANR) et le réseau C.U.R.I.E. Les multiples enjeux de la valorisation des connaissances mènent à diverses formes possibles de valorisation. La répartition de ces différentes formes de valorisation des connaissances, et leur conséquence, ont été l'objet de la discussion avec les participantes et les participants.
Audition complémentaire : Quelques données sur la recherche (Julien Gossa, MCF Université de strasbourg)
La coûteuse concentration des moyens dans l'enseignement supérieur et la recherche n'a pas fourni la preuve de son efficacité. À partir du constat de l'échec des politiques "d'excellence" à atteindre leurs objectifs, on peut aller jusqu'à dire que la "compétition scientifique" est déjà perdue si l'on prend en compte la techno-oligarchie aux USA, ainsi que le décollage de l'Inde, la Chine, et peut être bientôt l'Afrique. Dans les sociétés occidentales, les résultats des sciences sont de moins en moins visibles pour la vie quotidienne, ce qui pourrait engendrer une phase d'édu-scepticisme, voire d'obscurantisme. Ainsi, il pourrait alors être pertinent de braquer de bord : se retirer de la "compétition scientifique" telle que comprise aujourd'hui pour viser la sobriété et l'intégrité, ce qui pourrait conduire à une reconnaissance internationale sur de nouveaux critères. Il conviendrait de tirer parti des forces de la recherche française et pourquoi pas d'assumer une politique de reproduction dans les domaines à fort capital où notre budget ne pourra jamais rivaliser avec les pays moteurs sur ces questions.
Webinaire Présentation de l'état des lieux - Le COPIL présente sa proposition d’introduction (environ 2 pages) aux participantes et participants. Cette introduction sera votée au WE4. En présentant en amont ce travail, le COPIL dégage du temps aux profits du travail sur les recommandations lors du WE4.
Webinaire Présentation des recommandations - Avant d’arriver au WE4, les participantes et participants se présentent une 1ère fois leurs recommandations par groupe afin de pouvoir éventuellement retravailler dessus en amont. Cela permet d’avoir une vision globale des recommandations et des ajustements potentiels avant le WE4.